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Adolescent : trouble des conduites sociales

Conduite à tenir

Avant toute décision, il est nécessaire d’établir un diagnostic différentiel, c’est-à-dire, déterminer :

- ce qui pourrait s’inscrire dans l’évolution d’un trouble psychopathologique,

- ce qui est « normal » et qui souligne le processus de maturation psychologique de l’enfant, avec ses variations d’humeur, ses colères brutales, ses phases « dépressives », etc.

- ce qui est d’origine situationnelle –ce qui est vécu de façon passive par le sujet, en lien avec son environnement;

- ce qui est d’origine réactionnelle – ce que le sujet agit en réponse à un affect.

Lorsqu’une suspicion s’oriente vers un trouble psychopathologique, il est indispensable :

• d’en identifier les troubles associés,

• d’apprécier sa nature et les séquences du trouble, ainsi que

• son interprétation et sa considération par l’entourage de l’adolescent,

• de déterminer sa place dans la dynamique familiale et

• les motivations des parents pour entreprendre une thérapie.


Avec les parents :

Lorsque le trouble est patent, souvent, les parents se trouvent plongés dans l’angoisse, ne reconnaissant pas le comportement de leur enfant : « pourtant à la maison, tout se passe bien ».

Alors, trois situations apparaissent :

- les parents reconnaissent les actes délictueux de leur enfant, se doutant bien qu’à l’extérieur du noyau familial, celui-ci peut se comporter tout à fait différemment,

- les parents se plongent dans un déni et refusent toute parole du professionnel,

- les parents se sentent perdus et demandent de l’aide de toute urgence, démontrant leur sentiment d’impuissance.

Avec l’adolescent :

Tout discours moralisateur envers l’adolescent, soulignant le fait qu’il ait « mal agi », que « ce qu’il a pratiqué est interdit » est maladroit, car le jeune le sait, déjà, très bien, puisqu’il l’a entrepris, justement, pour cette raison. (Sauf s’il s’agit d’une psychose, où imaginaire et réel sont indifférenciés.)

De plus, réitérer ces remarques ne fait que renforcer la position désuète qu’occupent désormais les parents. « Les adultes ne me comprennent pas », « ils n’ont rien compris », « ils ne m’écoutent pas » sont des phrases très souvent entendues de la bouche des adolescents.
Un rapport de force peut apparaître, selon la logique « don – contre don ».

Aussi, la culpabilisation, les attitudes punitives ou répressives, dramatisent et stigmatisent les agissements de l’adolescent, ne lui permettant aucune possibilité de réparation, ni d’évolution. La porte des possibles se ferme et enferme avec elle le sujet … et son désir.

Là, les conflits vont croissants, et les bénéfices secondaires sont assurés par la mobilisation de l’attention familiale, voir des forces de l’ordre, confirmant l’attachement aux parents et la difficulté à s’en séparer, à s’autonomiser, se responsabiliser.

Ainsi, le professionnel doit avant tout, chercher le sens de ces actes, et nouer un lien relationnel avec l’adolescent, d’autant plus, s’il vit une déréliction du lien familial, ou si, chez lui, la communication est inexistante.

Il est souhaitable, donc, d’amener le jeune a parler de son comportement, de ses motivations (s’il le peut !) : « d’après toi, que signifie cet acte ? Que cherches-tu à dire ? J’ai bien compris que tu cherchais à monter quelque chose, parce que tu ne te sens pas écouté, compris. Je peux t’aider à formuler tes reproches, tes revendications, ta souffrance … Mais pour cela, il faut que tu m’aides. Explique-moi : que se passe-t-il ? »
Car, si l’éducateur se place du côté du discours du juge ... la confiance de l’adolescent risque fort d’être perdue, la communication impossible, et la répétition assurée, alors qu’il demande, écoute et réassurance.

Bien sûr, la banalisation est à bannir : son acte n’aurait servi à rien, ne signifierait rien, et la cherche des limites ne ferait que s’accroître, avec son cortège de prises de risques et ses dangers.

Solution :

1° dédramatisation de l’acte,

2° restitution d’un sens à la conduite de l’adolescent,

3° soutien du jeune et

4° de la famille : rassurer les parents en les aidant à comprendre qu’un adolescent s’exprime plus par ses actes que par des mots, que ces actes s’inscrivent dans le processus de sa maturation, et qu’il n’est pas voué à être délinquant. Ils doivent, eux aussi, reprendre confiance.

Ce soutien est d’autant plus constructif lorsque tous les intervenants se mobilisent.

crise-adolescence
11/03/07